Le dimanche de la santé nous invitait cette année à méditer sur la parole, celle sur laquelle Pierre fonde son acte de foi « … sur ta parole, je vais jeter les filets ! » Il accepte de relancer ses filets de pêche au terme d’une nuit de travail infructueux (Lc 5, 1-11).
A la messe dominicale enfants-familles à 11h au Lion d’Angers, les jeunes de 5e en aumônerie ont invité pendant la lecture de l’Evangile les personnes à déposer des poissons dans les deux filets qu’ils transportaient Une dizaine de résidents de la maison de retraite présents grâce au bénévoles de l’aumônerie ont pu vivre cette célébration intergénérationnelle.
Que serait en effet la vie sans la parole, avec ses multiples facettes d’expressions à découvrir comme un diamant, y compris lorsqu’elle est ou devient silence… ?
Ainsi se croisent la parole humaine et la Parole de Dieu dont le Verbe s’est fait chair. La parole comme horizon possible qui donne sens à ce que chacun entreprend, qui invite à la confiance et agit comme puissance de salut.
Donne-moi ta Parole
Seigneur Jésus, Toi la Parole de Dieu,
Donne-moi Ta parole pour ma vie.
Quand je suis fatigué, découragé, désenchanté,
Donne-moi Ta parole. Qu’elle me réconforte et me relève.
Quand mon frère n’en peut plus de souffrir, d’être inquiet,
Donne-moi Ta parole. Apprends-moi les mots qui apaisent, apprends-moi aussi à me taire.
Quand mon frère âgé n’en peut plus de sa solitude, de son isolement,
Donne-moi Ta parole. Apprends-moi les mots qui consolent, les mots qui soulagent.
Quand mon frère sans papier n’en peut plus d’avoir peur, d’être rejeté,
Donne-moi Ta parole. Qu’elle fasse de moi un frère sans frontière.
Quand mon frère handicapé n’en peut plus de ne pas être écouté et entendu,
Donne-moi Ton silence, Seigneur Jésus. Qu’il y trouve un espace pour s’exprimer.
Prière de Chantal Lavoillotte
Document-réflexion pour la formation continue des bénévoles des équipes Santé-Solidarités :
« Quel accompagnement pour les aidants des personnes dépendantes à domicile ou en établissement d’hébergement ? »(suite)...
« Quel accompagnement pour les aidants des personnes dépendantes à domicile ou en établissement d’hébergement ? » Aujourd’hui des personnes jeunes ou âgées, malades deviennent plus ou moins dépendantes. Leurs proches : conjoints, enfants, frères ou sœurs, neveux ou nièces les aident dans leur vie quotidienne avec des répercussions sur leur vie personnelle. Comment les membres des équipes Santé-Solidarités peuvent les accompagner humainement, spirituellement et religieusement ? Quelle espérance le « visiteur » peut-il apporter ?
. Romain PAGER, psychologue clinicien est intervenu sur la question de l’accompagnement humain en développant ce que l’on entend sous les termes « aidants », « proches » et ce qu’ils vivent au quotidien. Il a cité des exemples de situations difficiles vécues qui amènent à l’incompréhension des uns et des autres : proches aidants, malades ou personnes dépendantes.
Il a continué son propos sur comment accompagner les aidants en précisant les notions d’accom-pagnement. Accompagner, c’est marcher à côté de quelqu’un, à côté, et pas devant, ni derrière. Cet accompagnement demande une écoute neutre et désintéressée de la personne pour la comprendre au plus près de ce qu’elle vit.
Louis Marie HUCHON a apporté un éclairage au niveau spirituel et religieux de l’accompagnement des aidants en adoptant quatre verbes :
RENCONTRER
Nous ne pouvons rencontrer les proches ou la famille de la personne malade, âgée, handicapée que si nous rencontrons d’abord la personne malade elle-même.
DECOUVRIR
C’est à travers la personne malade ainsi rencontrée que nous pouvons découvrir qui sont ses proches, sa famille. C’est elle qui nous met en relation avec eux lors de leur visite, ou à travers le dialogue échangé, et avec eux et avec elle lors des visites.
ACCOMPAGNER
Qu’est-ce qu’accompagner ? Étymologiquement, accompagner c’est partager le pain, c’est-à-dire manger ensemble l’un avec l’autre. L’important c’est de se nourrir ensemble, même s’il y a peu. Si l’un apporte le pain, quelle importance du moment que l’on est ensemble, qu’on le partage. Ce qui est partagé est bien meilleur, bien plus nourrissant que ce qui est mangé seul. Comment ne pas penser à l’Eucharistie. Ce qui est partagé à travers le pain, c’est la vie. Nous avons besoin de la partager sous la forme qu’elle prend : joie ou tristesse. Accompagner quelqu’un, malade ou non, c’est être l’un avec l’autre.
AIMER
« Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». (Jn15, 13).
Cette Parole de Jésus peut nous rejoindre dans ce que nous vivons à travers cet accompagnement des familles et des proches des personnes malades. D’une certaine manière nous donnons un peu de nos vies dans ce service que nous pouvons rendre. Cet amour que le Seigneur nous donne gratuitement, nous nous devons de le partager, nous n’en sommes pas propriétaire.
En face des questions que nous pouvons nous poser ou que la personne malade, ses proches et sa famille peuvent nous poser seule la force de l’amour pourra nous aider à éclairer notre réponse ou nos silences.