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Une nouvelle traduction pour le « Notre Père »

Partition Notre Père, grégorien

A compter du 3 décembre prochain, le Notre Père va connaître une modification importante. La traduction de la sixième demande de cette prière liturgique évolue. Depuis 1966 les chrétiens avaient l’habitude de dire « et ne nous soumets pas à la tentation ». Nous dirons désormais « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Le 3 décembre est le premier dimanche de l’Avent, le début d’une nouvelle année liturgique, c’est donc le moment opportun pour ce nouvel usage dans notre prière liturgique.


« Ne nous soumets pas à la tentation » devient
« Ne nous laisse pas entrer en tentation »

- Aller plus loin sur ce sujet, notice, partitions, ressources, etc. (service Foi-Liturgie)
- « La Prière du Notre Père, un regard renouvelé » de la Conférences des évêques de France. : un livre disponible auprès des librairies Byblos. Ce livre propose un éclairage sur la prière du Christ, centrale dans la vie de l’Église et des fidèles. Les évêques y insistent particulièrement sur la réception individuelle et méditative du Notre Père.

D’où vient le Notre Père ?

La prière du Seigneur Jésus est rapportée par deux évangélistes avec de petites différences dans le vocabulaire ainsi que dans sa situation au sein du récit évangélique :

  • Chez Matthieu (Matthieu 6,8b-13) la prière est au plein cœur d’un grand discours de Jésus sur la loi nouvelle (Mt 5-7) qui suit l’appel des disciples et précède des miracles et des signes du Royaume.
  • Chez Luc (Luc 11,2b-4) la prière est présentée suite à la demande des disciples de Jésus qui veulent apprendre à prier, alors que tous cheminent vers Jérusalem. Juste après, Luc fait écho à l’insistance du Seigneur sur la relation filiale qui existe entre Dieu et nous ; c’est sur ce fond que s’élèvent les mots de la prière.

Notre prière liturgique est donc formée à partie de ces deux textes.

Le Notre Père se compose d’une invocation et de sept demandes : « Dans les trois premières demandes il s’agit de Dieu lui-même dans ce monde ; dans les quatre demande suivantes, il s’agit de nos espérances, de nos besoins, et nos difficultés » [1].

A compter du premier dimanche de l’avent c’est uniquement la sixième demande qui sera modifiée. Dans notre prière ensemble, nous ne dirons plus « ne nous soumets pas à la tentation », mais « ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Pas si simple de traduire !

Les mots grecs de la sixième demande du Notre Père ont trouvé leur traduction latine en ces mots : « et ne nos inducas in tentationem ». En 1966, les spécialistes étaient arrivés à une proposition de traduction qui avait fait consensus œcuménique : « ne nous soumets pas à la tentation ».

A l’usage, il s’avère que cette traduction francophone (non fautive du point de vue scientifique) est régulièrement mal comprise. Certains en viennent à penser que Dieu nous tente. Dieu ne pourrait nous soumettre à la tentation ni nous éprouver en nous sollicitant au mal.

La nouvelle traduction avec le verbe « entrer » reprend l’idée sémitique et grecque d’un mouvement, comme on va au combat, car c’est du combat spirituel qu’il s’agit.

Les chrétiens sont invités à dire désormais « et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Dans cette demande « nous devons nous montrer prêts à prendre sur nous le fardeau de l’épreuve, qui est à la mesure de nos forces. Nous demandons que Dieu ne nous impose pas plus que nous ne pouvons supporter, qu’il ne nous laisse pas sortir de ses mains » [2].

Nous faisons appel à la grâce de Dieu « dans la certitude qu’il nous donnera la force de traverser l’épreuve et d’aller de l’avant dans notre pèlerinage avec lui » [3].

Allant dans le même sens, la dernière demande du notre Père sera celle de la rédemption. Ne pas entrer en tentation demande donc une décision du cœur et le consentement à la force de l’Esprit Saint [4] : « Priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26,41).

Notes

[1] Joseph Ratzinger – Benoît XVI, Jésus de Nazareth, t.1, Paris, Flamarion, 2007, p. 157

[2] Joseph Ratzinger – Benoît XVI, Jésus de Nazareth, t.1, Paris, Flamarion, 2007, p. 188.

[3] Frère John, Notre Père… un itinéraire biblique, Taizé, ed. Taizé, 1991, p. 107.

[4] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 2848.

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