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Une chrétienne exemplaire : Juliette Colbert, marquise de Barol

Le 19 août 2015, une délégation de Barolo ( une commune italienne du Piémont située au sud de Turin) a rencontré le maire de Maulévrier J-Pierre Chavassieux. La délégation a visité le même jour le Parc oriental. Pourquoi ces Piémontais sont-ils venus à Maulévrier ? En voici la raison.

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Juliette Colbert

Née en 1786 à Maulévrier
Trois ans avant la Révolution de 1789 naissait Juliette Colbert, fille du comte Edouard Colbert propriétaire du château de Maulévrier à cette époque. Le père de Juliette, doté d’une fortune considérable, distribuait chaque année 6 600 francs aux parents qui s’engageaient à offrir une éducation complète à leurs enfants. Son amour pour les pauvres lui venait d’une profonde sensibilité qu’il sut transmettre à toute sa famille, et à Juliette en particulier. En 1790, les Colbert émigrent en Hollande, puis en Allemagne pour fuir la guillotine. En 1802, sous le Consulat, ils reviennent en France et trouvent leur château en flammes, leurs champs dévastés, et leurs paysans affamés. Juliette fut invitée à la cour impériale de Joséphine et devint demoiselle d’honneur de l’impératrice. Là, elle rencontra le marquis Tancredi de Barolo. Les deux jeunes se marièrent en 1806. Comme ils ne pouvaient avoir d’enfants, ils adoptèrent les pauvres de Turin, les accueillant dans leur belle demeure. Juliette lavait leurs plaies, leur donnant à manger. L’hiver, le couple leur procurait du bois de chauffage. A eux deux, ils étaient à la tête d’une fortune considérable car son mari appartenait à une grande famille piémontaise qui s’était enrichie avec le célèbre vin rouge de Barolo vendu dans toutes les cours d’Europe.
Une réformatrice des prisons
Lors d’une visite dans une prison, Juliette s’aperçut que les conditions qui y régnait étaient dégradantes. Les prisonnières étaient traitées avec mépris et dureté, sans activité professionnelle ni culturelle. Juliette leur apporta des habits décents, interdit l’alcool, accéléra les démarches judiciaires pour avancer les dates des procès. Elle mit en place un programme d’alphabétisation. En 1821, Juliette réussit enfin à entraîner les pouvoirs publics dans sa réforme des prisons. En 1823, elle ouvrit un centre d’éducation préventive et de réhabilitation pour les jeunes filles et les anciennes détenues. Elle accomplit d’autres œuvres pour les plus faibles, notamment pour les petites filles handicapées, pour les orphelines, pour les enfants des ouvriers. Malgré une épidémie de choléra qui dura 11 jours, Juliette et son mari ne s’arrêtèrent pas dans leur élan de charité en s’approchant des malades atteints et très contagieux.
En 1848, elle dut subir des menaces de morts de la part d’anticléricaux fanatiques.
Elle mourut en 1864 à 78 ans. Selon sa volonté, elle fut vêtue de l’habit du tiers ordre franciscain (l’ordre de Saint François) destiné aux laïcs. Sa dépouille, exposée pendant trois jours, reçut l’hommage d’une foule incroyable, y compris celui d’une délégation officielle de la municipalité de Turin. Les journaux qui de son vivant ne lui avaient pas épargné les calomnies firent l’éloge de la mère des pauvres.
. En mai 2015, le pape François l’a déclarée vénérable en attendant d’être reconnue bienheureuse.
Les riches auront de la peine à entrer dans le Royaume des Cieux sauf s’ ils partagent avec les plus pauvres. Son témoignage demeure aujourd’hui moderne profondément inspiré de l’évangile.

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