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Sèvremoine : l’accueil d’une personne migrante en famille

A l’occasion de la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié le 14 janvier 2018, les paroisses Saint-Benoit-en-Val-de-Moine et Saint-Maurice-en-Val-de-Moine témoignent de l’accueil de personnes en exil présentes sur leurs territoires : rencontre, chance et joie de vivre !

Célébration journée mondiale migrant et réfugié 14 janvier 2018 {PNG} Célébration journée mondiale migrant et réfugié 14 janvier 2018 {PNG} Célébration journée mondiale migrant et réfugié 14 janvier 2018 {PNG}

Silhouettes...et humains !

Le visuel installé sur le panneau montre une silhouette sur un chemin d’errance en quête d’un espoir possible. Cette silhouette rejoint celles que nous avons déposées devant l’autel. Leur présence dans notre assemblée nous parle d’exode de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants fuyant la guerre, fuyant les conditions de vie difficile, traversant au péril de leur vie, la méditerrané et plusieurs pays pour espérer reconstruire une nouvelle existence dans un pays sûr.

Pour nous ces silhouettes ont un visage, une existence. Elles représentent les familles accueillis à Saint-André depuis 5 semaines, à Torfou depuis 1 an ½. Elles nous parlent également au travers du témoignage de Mohamed.

Ces familles, hommes, femmes, enfants sont là, présentes parmi nous. Elles nous renvoient à la question « que puis-je faire à mon niveau ? Et si j’osais un sourire vers elles, et si j’osais porter un regard, avoir un geste de bienvenu, proposer un service et pourquoi pas me joindre au collectif qui accueille »

Témoignage : accueillir en famille

Mohamed est un jeune ivoirien de 17 ans. Il vit chez nous à Roussay depuis le mois d’août 2017. Il est arrivé ici parce qu’il a réussi un stage qui lui a permis de signer un contrat d’apprentissage en maintenance électrique chez Grimaud Frères. Mais pour arriver ici, il est passé par toutes les étapes que nous voyons habituellement à la télé, notamment la traversée de la Méditerranée en zodiac. Voici quelques moments marquants de sa vie et de son parcours de migrant.

Côte d’ivoire :
Il est né hors mariage, il vit avec son père. Quand il a 10 ans, son père meurt, il est abandonné par sa famille et traité de batard. Impossible de vivre avec sa mère qui repart dans sa famille. Il vit plus ou moins dans la rue et est recueilli le soir par un ami de son père. Il cire des chaussures pour se nourrir et payer ses études le soir.
Le départ :
Mohamed n’a jamais eu l’intention de quitter la côte d’ivoire, mais un jour la personne qui se préoccupe de lui décide de partir. Il la suit. Cette personne paie les passeurs pour eux deux. C’est le mois d’octobre 2016.
Les débuts du voyage
En voiture, ils traversent le Burkina, le Niger dans la chaleur.
Traversée du désert :
De Niamey à La Lybie, c’est le désert… la chaleur insupportable. Le sable aussi chaud que le feu. Des pick ups bâchés chargés de 32 personnes… Il faut rouler, sans arrêt, sans parler, pendant 5 jours. Ils côtoient la mort. Ceux qui n’ont pas payés sont tués, d’autres séquestrés pour demander une rançon à leur famille, les filles violées… . D’autres meurent à cause de la panne dans le désert. Mohamed a même dû enterrer à la main 32 personnes.
Traversée de la mer :
Arrivés en Libye, c’est le pire… A la côte, on les monte dans des zodiacs (120/bateaux gonflables). Là encore, ceux qui n’ont pas payé sont tués. Certains bateaux sont crevés, ils vont vers une mort certaine. Mohamed a la chance d’être mineur. On lui dit d’attendre. Il ne montera pas dans le zodiac crevé. Le capitaine du bateau (un migrant comme lui) ne sait pas naviguer et ne connait pas la mer. Ce sont les dauphins qui finalement leur montrent le chemin vers le bateau de Médecins sans frontières posté dans les eaux internationales.
L’Italie :
Il débarque en Italie (en Sicile Trapani puis Napoli), il est fiché, immatriculé, et hébergé avec tous les nouveaux arrivés dans des lieux pour migrants (d’abord en prison puis en centre). Ils sont très nombreux, les repas se limitent à du riz ou des pâtes. Ils attendent quoi ? Mohamed se le demande mais il n’a plus possibilité de rebrousser chemin : plus de famille, retrouver les passeurs, les tueries, le désert,.... Il est désormais complètement seul devant son avenir, il a 16 ans.
Le voyage vers l’Europe :
Il décide seul de quitter seul l’Italie et d’ aller plus loin en Europe. Il quitte le peu de sécurité qu’il a pour partir peut-être vers l’Allemagne. Puis finalement comme il parle français, il se retrouve au hasard dans un train qui l’emmène en France.
Paris :
Parfois débarqué des trains, parfois toléré ou aidé à aller plus loin par des contrôleurs compréhensifs, il arrive à Paris. On est en janvier 2017 et les températures sont négatives. Il passe 3 nuits dehors, en tee shirt et petit blouson… Il croit mourir de froid !!!! Il se demande s’il ne ferait pas mieux de retourner en Italie. Un prêtre lui donne 20 euros et lui conseille d’aller à Niort où on s’occupe bien des migrants mineurs.
Niort :
Là, il rencontre une association, il est pris en charge par l’aide sociale à l’enfance comme mineur isolé. Il est logé et nourrit par l’ASE (dans un foyer de jeunes travailleurs). On l’aide à trouver un stage en électricité (qui se évoluera en contrat d’apprentissage) et c’est comme ça qu’il arrive à Roussay. Il lui fallait une maison, une famille… le voilà chez nous depuis 6 mois…
Quelle rencontre ! quelle chance ! Son enthousiasme, son courage, sa joie de vivre… sont un vrai cadeau pour toute notre famille.

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