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Les fraternités paroissiales : pourquoi ?

Construire la fraternité constitue le cœur même de la vie et de la mission de l’Église et de tous les baptisés. Cet appel de Mgr Delmas à constituer ces fraternités s’appuient sur la Parole de Dieu, le magistère de l’Eglise. Elles sont aussi une réponse aux défis de la foi dans notre monde actuel.

Les fraternités : un appel ancré dans la Parole de Dieu

Jésus ressuscité adresse à son Père la même prière instante : « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi : que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 20-21).

Il donne à ses disciples un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez vous les uns les autres. Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 34-35).

Saint Paul écrit que la fraternité est le dessein même de Dieu : « Ceux que d’avance il a connus, il les a prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin que celui-ci soit le premier-né d’une multitude de frères » (Ro, 8, 29). « Frères », voilà comment les premiers chrétiens s’appelèrent dès qu’ils formèrent des communautés (cf. Ac 6, 3 ; 9, 20 ; 10, 23 ; 1 P 5, 9). Vivre en frères n’est pas accessoire et nous en mesurons l’exigence ; c’est un combat de tous les instants.

Un appel confirmé par Jean-Paul II

En 1988, saint Jean-Paul II invitait ardemment les paroisses à évoluer : « Pour que toutes (les) paroisses soient de vraies communautés chrétiennes, les autorités locales doivent favoriser [...] les petites communautés ecclésiales de base, que l’on appelle aussi communautés de vie, où les fidèles puissent se communiquer mutuellement la Parole de Dieu et s’exprimer dans le service de l’amour ; ces communautés sont d’authentiques expressions de la communion ecclésiale et des centres d’évangélisation en communion avec leurs Pasteurs » (Exhortation, les Fidèles Laïcs, 1988, 26).

Puis en 2001, il donnait à l’Église sa charte pour les années à venir : « il faut promouvoir une spiritualité de communion... La spiritualité de communion, cela veut dire la capacité d’être attentif, dans l’unité profonde du Corps mystique, à son frère dans la foi, le considérant donc comme « l’un des nôtres » pour savoir partager ses joies et ses souffrances, pour deviner ses désirs et répondre à ses besoins, pour lui offrir une amitié vraie et profonde » (Novo millenio ineunte, 41).

Une demande liée à la charte synodale du diocèse d’Angers

La charte synodale du diocèse d’Angers, promulguée en 2007, demande que, dans les paroisses, se créent des « fraternités », petites communautés actives. Notre évêque engage donc toutes les paroisses à créer et soutenir des « fraternités paroissiales ». « Ces fraternités seront des lieux où une nouvelle fécondité missionnaire est possible. Elles vont en effet permettre de déployer plus et davantage la nécessaire articulation entre la mission de tous les baptisés et la responsabilité pastorale du curé » (Église d’Anjou, mars 2014).

Les fraternités paroissiales : un appel de et pour notre temps

Des chrétiens minoritaires

Notre situation actuelle de catholiques est caractérisée par trois éléments principaux. Dans la société française actuelle, les chrétiens, conscients de l’être et posant les actes conformes à leur foi – profession de foi, vie sacramentelle, choix éthiques... – forment une minorité.

Il est donc nécessaire de prendre conscience que nous sommes minoritaires. Un bienfait de cette situation est qu’elle nous engage à nous connaître, à nous reconnaître, à créer de solides réseaux de relations, non pas pour nous replier sur nous-mêmes mais pour être encore plus missionnaires.

Ne laisser personne sur le bord de la route

La majorité des soixante-deux paroisses du diocèse recouvre souvent de vastes territoires, regroupant de multiples clochers ou de grands quartiers de ville. De nombreux chrétiens et souvent les plus démunis risquent de rester au bord du chemin et de perdre petit à petit tout contact avec l’Église.

Certains aussi ont perdu la « culture chrétienne » tout en ayant une quête d’absolu et de vérité. D’autres encore vivent leur foi dans l’isolement. Face au risque de désertification, les fraternités paroissiales visent à permettre aux chrétiens de se retrouver et mieux encore à être pour eux un lieu de vie. Elles ont à cœur de ne perdre aucun de ces petits qui sont les frères de Jésus (cf. Mt 25, 40).

Les fraternités : des maisons pour que le monde croie

Aujourd’hui, les communautés paroissiales rassemblent bien des diversités et des sensibilités. Il arrive que ces dernières conduisent à la division et à l’exclusion. Bien au contraire, ces différences sont notre richesse. Dans l’Église, grâce à l’Esprit, l’unité n’est pas l’uniformité. Les fraternités paroissiales sont des lieux pour apprendre à se connaître, se reconnaître et s’aimer. L’urgence de la mission l’emporte assurément sur les querelles minuscules et, somme toute, insignifiantes. Ces « communautés ecclésiales de base » sont des écoles et des maisons de la fraternité, pour que le monde croie.

Les fraternités paroissiales, communautés ecclésiales de base, seront l’ossature des paroisses. Elles sont une réponse au fait que nous sommes minoritaires dans notre société. Elles sont un signe d’espérance, parce que la fraternité vécue est une victoire contre les forces de mort qui fascinent tant notre temps. Parce que dans sa mort et sa résurrection, Jésus, notre Frère, a vaincu le mal.

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