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Fin de vie : se faire proche jusqu’au bout

Témoignage d’Elisabeth, aumônier

Elisabeth est une ancienne aide-soignante. Elle est envoyée par l’évêque d’Angers comme aumônier auprès des personnes malades et parfois en fin de vie en établissement hospitalier à Angers. En harmonie avec les équipes soignantes, mais avec « un autre regard », Elisabeth tente de prendre soin des malades « d’une dignité toujours incomparable », pour elle.

En fin de vie, la recherche de sens et de réponses

"Au cœur de la maladie, la personne est vulnérable et cherche à faire face à cette situation, qui risque parfois une issue tragique. Sa mise à l’écart momentanée ou définitive d’avec sa famille, de ses relations, de la société, la renvoie à son intériorité.

Elle cherche aussi un sens à ce « non- sens » et se pose inévitablement des questions existentielles. Vais- je manquer de courage ? Vais-je supporter cette dégradation de mon état ? Vais-je supporter mon regard, celui des autres sur mon corps dégradé ? Où vais-je ? Quelle vie après la mort, etc. ?

Arbre ensoleillé à Martigné-Briand

« Tu as du prix à mes yeux »

Humblement, simplement, l’aumônier prie l’Esprit Saint et va à la rencontre du patient, soutenu par l’équipe soignante.
Lors de chacune de ces rencontres, la personne malade m’apparaît alors comme mon semblable que j’ai envie d’aimer. Son état me semble si fragile mais sa dignité humaine tellement incomparable qu’une parole d’Isaïe m’habite à cet instant : « Tu as du prix à mes yeux »...
Alors, avec respect, j’ose un regard, une parole, un geste, une proximité, un silence (attendant une réponse pour savoir si je suis accueillie) voulant leur exprimer que « nous sommes là, avec vous... »

Au fil des jours ou de quelques heures, la personne se saisit ce « temps humain » qui lui est offert par surcroît, dans un contexte où le temps est compté. C’est un lieu de dialogue, d’amitié, de partage qui s’ouvre. Avec chacun, un chemin unique se trace.

Je peux être amenée à proposer une prière, la lecture de la Parole de Dieu, la présence et l’accompagnement d’un prêtre pour recevoir les sacrements.

Malades, soignants, proches : chercher l’harmonie

Avec les soignants, en équipe de pluridisciplinarité, nous parlons humblement de ce que nous vivons avec le malade. Nous essayons que nos actions s’harmonisent pour que ce temps près de la mort soit accepté par le patient et sa famille. Dans des situations difficiles, nous encourageons la famille et les proches à continuer et non à interrompre la relation avec l’être aimé.

Couloir d'hôpital soignants dignité

« Jusqu’au bout capable de quelque chose de nouveau »

J’ai fait une découverte... Lorsqu’elle est soutenue, reconnue, aimée par ses proches, la personne malade a les ressources nécessaires en elle pour faire face à la mort. La mise en valeur d’un retour sur une vie pleine et accomplie peut permettre de mieux accueillir ce moment du grand passage

Je suis témoin que jusqu’au bout, la personne est capable de quelque chose de nouveau : d’une libération, de reconnaissance, d’un pardon, d’une parole d’amour. Régulièrement, certaines personnes m’édifient quand elles vivent cette épreuve en communion avec le Christ.

Comme aumônier, savoir être proche du Christ...

Je me sens bien humble par rapport à ce mystère de l’homme, de sa vie et de sa mort. A tout moment, particulièrement en fin de journée, c’est au Seigneur que je m’en remets pour Lui confier chacun : malades, familles et soignants.

Je sais qu’Il est à l’œuvre et qu’Il répand son onction bienfaisante au-delà de toute espérance humaine. Je recueille dans mon cœur tous ces trésors de courage, de persévérance et d’amour. Je rends grâce !"

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