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Fête de la Mission ouvrière : photos et témoignages


La Mission ouvrière a fêté ses 60 ans le 21 octobre 2017 dernier à Cholet au Lycée de la Providence. Plus de 500 personnes ont participé à cet événement exceptionnel qui rassemblait les mouvements d’action catholique tels que la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), l’Action catholique ouvrière (ACO) ou l’Action catholique des enfants (ACE) mais aussi des religieux et laïcs en mission pastorale.

Cette journée a été l’occasion de se réjouir des fruits de la Mission depuis soixante ans, et d’en rappeler les grandes lignes directrices : le soutien des acteurs de l’évangélisation au coeur des quartiers populaires.

La Mission ouvrière : un peu d’histoire

Nous sommes en 1943. Dans un ouvrage, deux aumôniers de la JOC, les pères Henri Godin et Yvan Daniel, s’interrogent : « France, Pays de mission ? ». Pour y répondre, les évêques mettent en place en 1957 la Mission ouvrière, dans le sillage des mouvements d’action catholique spécialisés tel que la JOC, l’ACE et l’ACO. Elle aura pour vocation de répondre à cet enjeu de la mission : assurer une présence de l’Église, au sein de la classe ouvrière et des milieux populaires.
Oui, « Rendons chrétiens nos frères ! ». Tel est le mot d’ordre des jocistes et de tous ces mouvements apostoliques agissant en milieu ouvrier. Le slogan fait un peu vieux… et semble aujourd’hui très volontaire, mais l’enjeu est bien là. Apportons l’Évangile et son message dans ces usines où la machine et le profit ont fait leur travail de déshumanisation.

La Mission ouvrière fête ses 60 ans

Ateliers, échanges, convivialité et l’Eucharistie présidée par Mgr Delmas ont rythmé la journée. On pourra retenir le temps des témoignages d’acteurs d’hier et d’aujourd’hui de la Mission Ouvrière qui ont particulièrement marqués les participants. Parmi d’autres, voici deux témoignages d’acteurs de la Mission Ouvrière...

Témoignage de trois religieuses en Mission ouvrière : « Toi aussi, tu es aimé de Dieu »

Soeur Alice (Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus), Sr Jeannette et Marie-Roy (Soeurs Missionnaires de l’Evangiles) sont revenues sur leurs parcours en tant que religieuses au service de la Mission Ouvrière...

"Aujourd’hui nous fêtons les 60 ans de la Mission Ouvrière, religieuses envoyées dans le monde, nous avons pris part au cours des années.

Jeunes de la JOC, quand nous avions votre âge, nous avons répondu à un appel intérieur, celui de donner totalement notre vie au Seigneur en prenant le chemin de la vie religieuse. Avant d’entrer dans nos communautés religieuses, certaines d’entre nous s’étaient engagées dans les mouvements d’action catholique et nous avions soif d’ouverture au monde.

A la rencontre de Dieu sur les routes humaines

Deux évènements ont joué un rôle important dans notre désir de rejoindre le monde ouvrier : le concile Vatican II et Mai 1968. Ce double courant de l’Eglise et de la société française, nous a questionnées, nous a poussées à chercher comment nous pouvions « vivre avec » des personnes des quartiers populaires. Il s’agissait d’aller à la rencontre des gens, là où ils vivent et travaillent.
« Seigneur Ton Esprit nous devance sur nos routes humaines » : nous le chantions avec force, nous en étions sûres !

Être envoyées en mission par nos congrégations en tant qu’enseignante, directrice d’école, surveillante en milieu hospitalier, etc., ne nous correspondaient plus. Portées par les appels du monde et de l’Eglise nous sommes devenues : ouvrière en usine, agent hospitalier, travailleuse familiale, aide-ménagère.
Nous avons partagé les mêmes conditions de travail et agi avec les collègues pour défendre ensemble nos droits, lutter au coude à coude, pour plus de justice, de vérité, de dignité.

Petit à petit, nous avons rejoint ou parfois créé, avec d’autres, une section syndicale. Certaines ont pris la responsabilité de déléguée syndicale, d’autres de déléguée du personnel, avec le souci de mettre à l’action le plus grand nombre.

Nous avons été appelées avec pour mission de faire naître des équipes de JOC, d’ACE, d’appeler et soutenir des responsables. Le voisinage était alors un atout favorable par les rencontres familiales avec les familles, dans nos allées et venues au quotidien.

Une organisation et un fonctionnement nouveau

Avec le temps nous avons senti le besoin de nous organiser entre religieuses de même congrégation et entre congrégations différentes. Une formation adaptée s’est alors mise en place, elle s’intitulait le Cycle d’approfondissement des religieuses en classe ouvrière (CARCO). Les sessions de formation étaient consacrées à la Bible, l’histoire de l’Eglise et l’histoire du mouvement ouvrier.

Localement, nous avons constitué des équipes religieuses pour une relecture de nos vies, pour chercher à quoi Dieu nous appelait, pour découvrir aussi combien ce monde ouvrier dans lequel nous étions plongées nous évangélisait.

Nous vivions sous le même toit en petites fraternités de trois ou quatre religieuses, nous y partagions aussi tout naturellement nos joies et nos peines, les combats menés, les espérances et des déceptions. Cette vie était portée dans la prière qui nous réunit chaque soir.

Au sein de nos congrégations religieuses nous avons connu des tensions, parfois des incompréhensions dans cette nouvelle manière de vivre. La Mission Ouvrière nous a fait tenir, en fidélité à nos choix de vivre au milieu des travailleurs et des familles modestes, dans un parti-pris d’espérance. Avec nos frères et sœurs qui ne fréquentaient pas l’Eglise, on se soutenait... Nous étions ensemble des chercheurs d’humanité."

En retraite, une priorité : les plus fragiles

Aujourd’hui en retraite, nous continuons à vivre dans des quartiers populaires, partageant les avantages et les inconvénients d’une vie en collectivité. Avec notre âge, nous vivons-là une présence toute simple, avec le souci d’entrer en relation, de tisser des liens d’amitié.

Nos priorités vont vers les plus fragiles ou abîmés par des conditions de vie difficiles, vers ceux qui se sentent rejetés, oubliés par la société, les migrants en font partie aujourd’hui.

La rencontre des gens, « l’aller vers », demeurent pour nous des points forts. Chacun porte en soi un trésor, une lumière, elle est parfois cachée par l’apparence misérable qu’on est tenté de juger, de mépriser, voire de condamner… Au sein du groupe angevin d’échange et de convivialité « Tissons la fête », nous avons connu Annick qui a passé une partie de sa vie en hôpital psychiatrique. Nous avons découvert sa richesse, sa capacité d’attention.

Nos âges évoquent aujourd’hui une certaine sagesse qui permet l’ouverture des portes et des cœurs. Vivre à la suite de Jésus-Christ, c’est prendre un chemin d’humilité par une vie simple, avec des frères à aimer. J’ai donné ma vie mais aussi beaucoup appris, reçu des humbles, des peu qualifiés.

Création après les ateliers

Se laisser évangéliser par son frère

C’est cela notre vocation « vivre et servir Jésus-Christ dans nos frères, nous laissant évangéliser par eux ». C’est croire et espérer en Église, en peuple : « va, ne crains pas …je serai avec toi ».

Cette vie engagée nous a modelées, façonnées nous en sommes heureuses aujourd’hui. Nous pouvons témoigner de cette espérance et parfois oser dire quand cela est possible, « Toi aussi tu es aimé de Dieu », sûres que Jésus nous précède, c’est notre conviction.

Aujourd’hui, nous sommes tous rassemblés, l’esprit souffle, nous recevons personnellement un appel pour continuer à bâtir ce monde fraternel ou chacun aura sa place et sera reconnu dans sa dignité.

Jean-Luc Vincent, prêtre : l’ACE comme une « taupinière » pour construire l’Eglise

Jean-Luc Vincent, prêtre du diocèse d’Angers, a pris la parole pour donner sa vision de l’activité et des objectifs de l’Action catholique des enfants en Maine-et-Loire. L’ACE un chemin de vie pour les enfants, leurs responsables et leurs parents...

"Je suis de l’âge de l’ACE et prêtre ! Ces quelques mots sur l’Action Catholique des Enfants concernent une tranche de vie de vingt ans que j’ai vécue entre 1992 et 2012, sur les secteurs de Saint-Pierre-Montlimart, puis de Saint-Macaire.

Premier fondement de l’ACE : elle rejoint la vie des enfants. Les différents thèmes d’année m’ont poussé à croire dans l’ACE et à m’y investir, particulièrement dans le souci de fonder le Mouvement, selon une méthode que j’ai appelée : « la taupinière ».

La taupinière, c’est quoi ?

Les taupes vivent dans des longues galeries souterraines, ponctuées de petits tas de terre rejetée à la surface.

Pour l’ACE, j’avais le souci de repérer les galeries qui relient des enfants entre eux et souvent leurs parents entre eux. Mais, comment les découvrir ?

Des parents venaient demander le baptême pour leur enfant. Beaucoup disaient qu’ils avaient fait du Fripounet et le souhaiteraient pour leur enfant. On le notait à l’inscription.

Quand l’enfant arrivait à 6 ans, j’allais voir les parents avec un tract pour l’inviter à la fête du jeu au mois de juin, avant l’entrée en CP. Nous cherchions ensemble quels étaient les copains-copines de leur enfant. Si l’enfant et les parents étaient d’accord, je suivais la galerie en allant voir tour à tour les copains-copines et leurs parents. Ils étaient tous heureux de participer à la fête du Jeu.

A la rentrée en CP de leur enfant, j’allais voir les mêmes parents avec un tract pour inviter les enfants à la ’Journée ’Bienvenue’ en octobre. C’est là que se formaient les clubs de Perlins, Fripounets. Souvent les parents prenaient contact avec les responsables ACE.

Ateliers

La vie des clubs ACE

Dans le club, les enfants sont heureux de se retrouver. On joue ensemble, on discute sur le thème de l’année et on décide de projets à vivre.
A la fin de chaque club, il y avait un temps de relecture pour leur apprendre à s’écouter, de mieux jouer ensemble, de prendre confiance, de dire merci… Ainsi ils faisaient l’expérience de « l’entre eux, par eux et pour eux », propre à la JOC

Pour les responsables, jeunes et adultes, l’ACE était un lieu où on prend au sérieux la vie des enfants. Ca les amenait à se des questions sur la vie, le monde. Quelque chose se passait aussi entre eux : une joie de se soutenir dans leur responsabilité.

Ainsi, la galerie de la taupinière devenait un chemin d’Humanité, pour les enfants.
C’est aussi un chemin d’Eglise pour eux.

Les différents marqueurs de l’ACE

Même si tous n’allaient pas au caté, la Réco [1] permettait à tous de connaître la vie et la parole de Jésus et de la faire résonner avec leur vie d’enfant en club.

La journée Nationale de l’ACE, leur permettait aussi de vivre la messe un dimanche. Les Chrétiens appréciaient la présence des enfants. L’ACE fait partie de l’Eglise.

Un Chemin d’Eglise pour les responsables. Les CDR et la Réco spéciale pour eux étaient un lieu unique où ils pouvaient accueillir l’Evangile. La parole du Concile Vatican prenait sens pour eux : leur permettaient de découvrir que « Rien de ce qui est humain n’est indifférent à l’Evangile. »

Un chemin d’Eglise aussi pour des parents (parfois) qui s’intéressaient autrement à la vie de leurs enfants.

Ainsi la galerie de cette « taupinière » nous apprend que l’Eglise peut se construire humblement sur les relations naturelles des enfants entre eux, si nous y sommes attentifs.
C’est pour cela qu’à St Macaire, en 2010, il y avait 126 enfants, 20 clubs, 5 accompagnateurs, des Trésoriers.

En conclusion, je dirai :« On s’inscrit au Caté, mais on fonde l’ACE. » Le plaisir et le bonheur, c’est à l’ACE qu’on les trouve ! "

En savoir plus :
La Mission ouvrière à Angers
Site national

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Notes

[1] Temps de retraite, de relecture

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