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Des tournées de rue pour tisser du lien

Paroisse Cathédrale-Saint-Maurice-Notre-Dame-des-Victoires

Depuis le début du mois de janvier de cette année, à l’initiative de paroissiens de la Cathédrale, des « tournées de rue » s’organisent dans le centre-ville d’Angers. Une fois par semaine, une équipe de bénévoles, constituée d’au moins quatre personnes, part à la rencontre de ceux qui « habitent » dehors.

A l’origine de ce projet, la rencontre entre des étudiants, motivés par une action vers les « gens de la rue », et de Patrick Potiron, responsable des « Petits-déjeuners de la Cathédrale », organisés pour les personnes les plus défavorisées, tous les dimanches matin entre octobre et juin, dans la paroisse Cathédrale-Saint-Maurice-Notre-Dame-des-Victoires.

Patrick réfléchissait, depuis quelques temps « à mettre en place quelque chose de nouveau et complémentaire aux petits-déjeuners ». En effet, « Avec les petits-déjeuners, ce sont les gens en grande précarité qui viennent à nous et nous les accueillons fraternellement. A l’inverse, lors des tournées de rue, les « maraudeurs » vont à la rencontre des gens de la rue, qui les accueillent. »


Redonner une humanité


L’activité rassemble aujourd’hui plus d’une vingtaine de bénévoles. Après quelques tâtonnements, il est apparu que le meilleur moment pour effectuer ces tournées est le samedi, en fin de journée, juste avant que chacun(e) des personnes en grande précarité ne rejoigne son lieu d’hébergement pour la nuit. Les bénévoles de service « maraudent » entre 17h et 19h, sillonnant principalement le quartier de la gare, les parkings voisins et le centre-ville. Dans leurs sacs à dos, des boissons, du pain et des viennoiseries, sans oublier des croquettes pour les chiens, inséparables compagnons des gens de la rue.

« Mais l’objectif de ces tournées, ce n’est pas le don de nourriture, c’est la rencontre ! », insiste Patrick. « Nous voulons créer du lien. ». De fait, pour ces personnes de la rue, ce qui est important, c’est avant tout qu’on leur parle : « Elles ont besoin qu’on s’adresse à elles, qu’on les regarde comme des personnes à part entière, comme notre Prochain. La majorité d’entre elles se sentent dévalorisées, voire inexistantes, par leur vie dans la rue, alors qu’elles peuvent posséder de grandes richesses en elles. Le fait de discuter avec elles leur rend une humanité, leur humanité personnelle. »

Avec le temps, les « maraudeurs » reçoivent de plus en plus un accueil chaleureux de la part de ces personnes en grande précarité : « Certaines se disent très impressionnées par le don et la gratuité qu’elles découvrent dans cette relation ». Et les « maraudeurs » se découvrent, à leur tour, enrichis par ces rencontres.

Etre ouvert à l’inconnu

Pour le bon fonctionnement de ces tournées, certaines qualités sont « essentielles chez le bénévole », tient à rappeler Patrick Potiron. Tout d’abord, le sens de la charité et l’envie d’aller vers l’Autre, le don de la gratuité et le refus de tout jugement. Puis, la constance de l’engagement, car « si nous voulons vraiment tisser du lien, il faut que les rencontres se fassent à un rythme régulier, un peu à l’image de celles du Petit Prince de Saint-Exupéry, allant visiter le renard tous les jours pour l’apprivoiser. » Et, enfin, vouloir dépasser ses appréhensions face à la misère et rester ouvert à l’inconnu : on ne sait jamais comment va se passer la rencontre…

Quant à la formation des bénévoles, elle se fait sur le terrain. Elle est complétée par les conseils et les explications prodigués par Jean-François, un ancien de la rue, où il a vécu 19 ans.

Mises en place depuis quatre mois, les tournées de rue ont un défi devant elles : celui de continuer pendant la saison estivale, car « pendant l’été, les structures d’accompagnement des personnes à la rue réduisent leurs activités », remarque Patrick Potiron. Les étudiants et beaucoup de bénévoles seront, alors, absents. Les « gens de la rue », eux, seront toujours là.

Pour plus d’information et/ou rejoindre l’équipe des bénévoles :
Contact : Patrick Potiron, Courriel

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