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5e Rencontres Humanisme et Entreprise : innovation et transmission doivent aller de pair

5è Rencontres Humanisme et Entreprise

« Transmettre et innover, c’est possible ». C’était le thème des 5e rencontres Humanisme et Entreprise qui se sont déroulées jeudi 5 octobre à l’Essca d’Angers. L’occasion pour tous les entrepreneurs présents de réfléchir à la façon de rendre compatible ces deux verbes.

« Transmettre », du latin « transmittere » signifie envoyer au-delà. Le verbe « innover », lui, signifie remplacer quelque chose d’ancien par du neuf, par du mieux. Pour lancer la réflexion, Pierre Collignon, directeur général de l’IRCOM, s’est appuyé sur les définitions de ces deux mots qu’on aime aujourd’hui opposer.

Transmettre sous-entendant aujourd’hui répétition, tandis qu’innover pencherait plutôt vers l’exploration. Au terme d’opposition, Pierre Collignon a préféré celui de tension, soulignant que toute transmission porte en elle sa part de nouveauté, par la déformation, voire la trahison du message initial et que, dans le même temps, tout innovation a besoin d’enracinement.

Temps en ateliers, Rencontres Humanisme et Entreprise

Une compatibilité vitale

La transmission, Bruno Giffard connaît bien. Avec sa sœur Edith qui dirige la marque avec lui depuis 1992, il est la quatrième génération à reprendre la direction de l’entreprise d’alcools et de sirops fondée en 1885 par son arrière-grand-père Emile. En attendant que son neveu, Pierre, ne prenne la relève.

Dans son intervention, Bruno Giffard a souligné à quel point il était important, dans une entreprise familiale, de « conserver les valeurs tout en les adaptant à chaque génération. » Pour que l’entreprise conserve son dynamisme, il faut aussi que les nouveaux venus apportent des pratiques innovantes.

Bref, ce mouvement de balancier entre enracinement et nouveauté est vital. « L’important, c’est d’être en mouvement » a-t-il remarqué. Sinon, c’est la mort. »

Deux notions en crise

Quant à Don Pascal-André Dumont, économe de la communauté Saint-Martin, il a souligné que la transmission et l’innovation traversaient toutes les deux une crise.

Crise pour l’innovation où tout va trop vite, sans qu’il y ait assimilation. D’ailleurs, a-t-il remarqué, Le mot innovation a remplacé le mot progrès dans lequel était contenu un jugement qualitatif, qui conduisait vers quelque chose de meilleur.

D’où, pour ce prêtre, ce questionnement éthique : est-il bon de faire ce que nous avons le pouvoir de faire ? Pour lui, cette réflexion ne peut passer que par le fondement d’un référentiel anthropologique, c’est-à-dire une définition de ce qu’est l’homme et de ce qu’est vivre en société.

Les participants aux rencontres

Ensuite alors, l’homme peut se poser quatre questions au sujet de l’innovation : quel est son degré d’utilité ; est-elle bonne ou mauvaise ; quel est son lien au bien commun ; et enfin quel est son sens et sa durabilité.

Crise également pour la transmission qui selon le père Dumont rencontre aujourd’hui cinq blocages : l’individualisme ; l’égoïsme ; une fausse conception de la liberté qui suppose que transmission équivaut à conditionnement ; le refus de penser dans la durée ; et le scepticisme qui met en doute la valeur de la chose à transmettre.

Pour surmonter cette crise, Don Pascal-André Dumont propose quatre pistes :

  • le retour à une vraie liberté, permettant de discerner en conscience ;
  • une véritable réflexion sur l’anthropologie ;
  • une définition du bien commun ;
  • un retour au temps long.

Pour Pascal-André Dumont, sans ce renouvellement d’attitude et de réflexion, transmission et innovation seront toujours en crise.

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